7 commentaires

  1. béa-titude

    Alors là Marie-Ange alias lapin bleu , très bonne question…
    Quelle foi je suis (et pas quelle foi j’ai , si tant est que je puisse la posséder comme quelque chose de fixe….)
    Si je dois repasser le film, je dirai dans l’enfance une foi de confiance, liée aux souvenirs de la prière du soir couchés dans nos lits avec la main de maman qui passait derrière nos oreilles, et de petits chants « Seigneur, je suis comme un oiseau dans ta main avec toi je ne crains rien »
    Plus tard fastidieux, et ennuyeux, avec la messe et les regards furieux de mon père quand on se dandinait d’un pied sur l’autre ou à la prière si on changeait trop de pose…
    Quelques souvenirs de paix à l’oratoire de l’école quand je me mettais face contre terre et puis après la première confession à un vieux Père François….comme une illumination de joie….Au Caté souvent incomprise avec mes questions soit-disant « à vouloir coincer » …j’ai fini par les garder…
    Déçue à la première communion au goût de carton, je ne comprends pas, je fais juste mémoire , en « amis de Jésus » d’un geste vécu un soir de trahison.
    Comment super Jésus a pu être super mort ?
    A la profession de foi sans voile ni photo en noire et blanc où j’avais pourtant trouvé mes cousines si belles, je ne me trouve pas aussi jolie et je trouve les mots bien savants pour dire qu’on L’aime vraiment…Reste que je suis Lumière avec mon cierge définitivement…
    A la confirmation une retraite chez les soeurs me bouleverse, et un petit mot de l’évêque à mon parrain me fait penser que je suis unique pour Dieu aussi et surtout…
    Mais c’est compliqué alors je ne sais pas si je Le suivrai jusqu’au bout, je compte un peu sur l’onction magique…mais je ne m’implique que par petits bouts, en intermittent…J’oscille entre désir de Grand et satisfaction rapide et accessible…
    Adolescente je trouve la messe plombante et je m’intéresse à Guy Gilbert qui me parait sincère, à des figure comme l’abbé Pierre, Mère Teresa, soeur Emmanuelle qui vient nous enguirlander dans notre école…et m’oblige à une obole que je ne voulais pas vraiment…
    Et puis je découvre ce prêtre revenu de Haïti qui parle direct à Dieu dans ses homélies et qui ne « pige » pas que l’on ne se connaisse pas dans nos églises…
    Il veut qu’on se dise bonjour, se donne la main…cela me parle…lui il a du mal…Je ne comprends pas qu’on puisse être intolérant pour un serviteur de Dieu juste parce qu’il fait autrement et nous bouscule un peu…
    Et puis il y a cette chorale moderne et bruyante pleine de vie où j’exulte…plus prise par le rythme et mes partitions que par les oraisons….mais je suis toujours là…plus vivante que jamais plus accro à cette fête désormais…
    Il y a ce Pape que je crois qui me regarde au Bourget et dont c’est dingue comme je me sens aimée…Il me semble que si Jésus a ce regard là…on doit foncer …et jamais pouvoir l’oublier.
    Il y a cette veillée de Guy de Fato qui chante « Ils sont partis sur un regard ils ont suivi un inconnu, il fallait bien être un peu fou », je suis cette folle- là et j’ai envie de le crier sur les toits…
    Il y a ce chant de Mannick pas religieux , sur le disque sur la fille mère, il dit « Comme on s’ennuie dans ton eglise »…
    avec ce refrain « moi j’aurai aimé, crier ton Nom et te chanter …mais je Te cherche »….
    Il y a le scoutisme et ces jeannettes qui croient en moi, ma responsabilité…la fraternité et le dépassement de soi…
    Il y a cet homme que je vais aimer et qui ne pratiquait plus, et avec qui on va choisir le dimanche sur deux …et où je vais réaliser combien le dimanche sans m’est douloureux…
    Il y a notre mariage, et ce prêtre qui fait pour mon fiancé cette préparation sur mesure…
    Il y a tous ces obsèques qui par delà les blessures ont laissé tant de message et de lumières…où les absents n’ont pas fini de ne pas se taire…
    Ce jour inoubliable où la Parole est juste pour moi ! et où elle ne cessera plus de me remuer, où on coirait « QU’IL me voit, et dire qu’Il peut faire ça pour chacun…  »
    Ce jour de grâce où l’on baptise notre aîné et où mon époux me dit qu’il ne peut pas se défausser en n’allant pas à la messe tous les dimanche puisqu’il a charge d’âme maintenant…
    Toutes ces messes animées de chants choisis et découverts comme autant d ‘échos , de poésie et de lumières…qui reviennent en tête quand on ne les attend pas, comme des messages ici-bas…Et ces enfants qui chantent avec leur cœur et me sont une leçon continuelle de don …
    Je suis en louange sur ces temps-là, je me nourris de Parole…je recopie mille pensées et prières qui me plaisent et me parlent…
    Je lis et je questionne chaque fois que je ronchonne…Il y a ce prêtre qui m’accompagne quand il peut …et qui m’adoucit un peu…
    Il y a aussi les peines et la recherche de pourquoi le mal et la souffrance dans un livre d’un défunt prêtre à Montmartre : Où est Dieu quand j’ai mal…les petits pas dans le sable…
    La croix que je ne regarde toujours pas…D’ailleurs petite je déclouais le Christ des Crucifix…c’était ma contribution à moi à la vie…
    Je ne suis plus en colère mais il ne faut pas me la faire, Jésus ne peut pas tout faire, je préfère ça à penser qu’Il ne le veut pas, alors je ne demande pas, juste je remercie…
    Il y a cette colère et cette haine pour un proche, un nœud féroce qui pourrit ma seconde grossesse, et j’ai peur que ma rage n’empoissonne cette vie à naître, il y a ce prêtre qui m’écoute deux heures en plein temps de repas de midi et qui me pardonne pour et par Lui ….et me donne des pistes pour avancer…Je découvre que se confesser c’est aussi bosser …et lâcher prise…laisser agir…
    Il y a ces épreuves de la Vie, et Marie que je retrouve en mère souffrante et que je rencontre…avec un petit visage du passé familial qui trouve tout son sens dans mon histoire et me voilà accessible à la prière Mariale, alors que j’avais tant jalousé cette femme sans péché…pour qui tout semblait couler de source…
    Il y a cette adoration appel, et cette adoration passée à dire » je m’en vais » sans pouvoir me détacher de ce prêtre à genou au pied de l’autel, mais quand donc va-t-il craquer ? Mais il reste le bougre, l’heure et demi « embelli » dans la prière à nous montrer le Ciel ( je n’ai jamais compris qu’on dise abîmé dans la prière ! ) …
    Et la semaine d’après me voilà revenue m’excuser de mes distractions précédentes et me voilà ardente et touchée au cœur …ça y est je communie à la Présence réelle et je sais qu’elle agit… et me voila contemplative à découvrir la valeur du silence que Lui remplit…
    Il y a ces confessions désormais régulières et une où l’on me demande de me mettre à genou pour l’absolution et mon refus panique tout en peine et ma réflexion….
    Je comprends alors la gestuelle qui n’est pas démonstration mais participation, j’y reviens à mon rythme et avec toute la passion habituelle , Dieu est mon tout Puissant je le sais maintenant…
    Il me reste cette croix à vivre où Il est là ….pas comme je le voudrai mais bien plus que cela…où je n’ai pas le choix que de lui demander de me porter quand je ne peux pas et que je crois que je ne vais jamais y arriver….et la puissance de la Force et d’autant que la souffrance et je peux dire que là j’ai contemplé Celui que j’ai crucifié et peut-être que je l’en aime plus que dans sa Face Glorieuse….Il devient tellement plus intérieur…toujours feu du cœur…
    Il me reste à progresser à Son écoute, à lever mes doutes, à revenir quand je fais fausse-route, à aimer mieux et plus encore, à l’appeler pas après, mais sur le moment et même AVANT…
    A nourrir ma curiosité de qui est Jésus, en ce moment les chemins sont hébraïques et je découvre le sens du rite et de la prière, de l’action de grâce pour la manne qui tombe chaque jour et qu’on en stock pas…Je découvre une civilisation qui a permis un Messie que moi aussi je ne reconnais pas toujours…
    Il me reste à garder ce cri de l’âme de la reconnaissance pour tout ce qui est naissance jusque dans chaque drame…à ne pas perdre de vue les chances , les mains tendues, à être moi aussi cette flamme…sans perdre jamais de vue de qui L’anime…
    A accueillir l’imprévue et la rencontre…
    A regarder les merveilles accomplies dans ceux qui m’ont été confiée et celui que j’aime, mon préféré…
    Je ne sais pas quelle est ma foi, ce que je suis comme foi, je suis celle qui a faim et qui n’a pas fini de déguster et savourer , les pains et poissons multipliés à foison…fruits d’humanité divinisés…

    Désolée de la confession…étalée…c’était une multiplication pas de poisson mais de passion, de Vie…

    Répondre
    • Marie-Ange

      Je relève beaucoup de belles choses Béa dans votre parcours de foi. Je suis touchée. Merci de nous les avoir partagées.

      Vous savez, je suis tout simplement, et comme beaucoup, (le compteur en témoigne) fan du Lapin Bleu. Je l’ai découvert, il y a plusieurs années, au hasard de mes ballades sur Internet.
      C’était à un moment où j’étais mal dans ma paroisse et pas trop bien dans ma foi.
      J’étais en recherche et rapidement j’ai compris que derrière l’humour de Coolus il y avait un vrai message que j’étais prête à recevoir.
      Pendant assez longtemps j’ai seulement médité les Textes à partir du dessin de la semaine. Cela m’a aidée, nourrie. Puis j’ai décidé d’écrire mes réactions… et je continue…

      Je ne manque pas une occasion de faire connaître les BD et le site du Lapin Bleu…

      En ce qui concerne le titre « quelle foi es-tu » je suis comme vous, je ne sais trop ce que veut dire Coolus et j’hésite entre « quelle foi as-tu » « et quelle est ta foi »…

      Répondre
      • béa-titude

        Bonjour Marie-Ange,

        Moi aussi j’ai découvert le lapin bleu au hasard d’un cadeau que je voulais faire à mon jeune organiste qui déménageait en suivant ses parents…à la Procure alias Siloe
        J’ai pensé que c’était un moyen « détendu » de faire passer l’Esprit Saint…
        Moi qui avait des souvenirs de protestation contre la messe, ado, j’ai longtemps eu à lutter pour ouvrir ne serait-ce que mon oreille pas si attentive…
        Comme si il y avait un combat pour laisser pénétrer ce qui me faisait du Bien, le BIen… Dieu, en résumé impossible…
        Le lâcher-prise vient doucement et si la foi est confiance alors je crois qu’elle augmente aussi doucement…
        Pour la vie paroissiale, elle fait parfois mal, surtout si on est acteur dedans, c’est le paradoxe d’être en mouvement, c’est un lieu aussi parfois difficile pour nos prêtres.
        Je me dis que les disciples qui avaient jésus sous la main, sous les yeux et devant eux, ne faisaient pas tellement mieux…
        C’est un lieu de vie et qui confronte des personnalités, des histoires, des générations, des sensibilités où on est appelé à la perfection alors que de tensions !
        Surtout qu’on contient les ressenti-ments (on sait bien qu’on doit être exemplaire) et que ça couve parfois en dessous et quand ça pète c’est parfois par des voies indirectes (puisqu’on ne veut pas se les avouer) et donc plus obscures avec des alibis d’autant moins jolis…
        Chacun a le désir d’être lumière et sel et dans le même plat ou la même maison ça fait parfois contradiction…ou comme un surdosage… difficile d’aller tous dans le même sens et pour nos bergers d’animer ce petit monde avec harmonie…
        L’ours et la vache de Coolus en sont un témoignage…Quel grand écart de profils mais l’un l’autre se sont aussi utiles…Le flegme British de la vache est peut-être une piste….et la si bonne volonté de l’Ours…
        La brebis qui veut jouer seule et qui se met en danger pour « épater » les copines peut aussi être une alerte …
        Parfois je me suis dis : « Pourquoi est-ce si difficile ? Peut-être que le Christ nous demande d’Oser avec Humilité et que rien que ça ce n’est pas facilité ! »
        Moi aussi j’ai eu envie de fuir des personnes ou des conflits…Énervée de voir qu’en nos clochers on n’était pas meilleurs que ça (moi la première!) …Comme si le Diviseur s’en mêlait et qu’on croquait la pomme tous les jours sans vigilance !
        Je suis plus confiante aujourd’hui, plus « sage » ?
        On ne sait plus communiquer le nez dans nos télés, nos téléphones, nos ordi, on ne sait plus voir les visages, entendre les nuances des voix, et être patience à l’heure du Zapping sur tout jusque dans les mariages éclairs…
        Dans l’urgence de la quête d’un bonheur terrestre on craque face à l’ascension de l’amour à la première ampoule au pied, la première chute , le premier orage…
        On voudrait le soleil et la promenade de santé pour toute la randonnée alors qu’elle est parfois escalade ou mise à l’abri …
        On colle nos étiquettes ( mode lapin bleu qui sommes -nous? ) alors qu’on voit bien qu’on en porte plusieurs et qu’on est tour à tour rêveur idéaliste sensible et râleur exigeant et contestataire touché dans son ego…
        Et attention de comprendre cela, ça ne rend pas la vie plus simple…mais en église on a tant envie d ‘être visage du Seigneur qu’on peut tomber dans un ego destructeur de soi ou des autres à penser qu’on sait mieux que le voisin, que ce que l’on ressent de Dieu c’est LE chemin…
        On dérange aussi ceux qui voudraient qu’on soit tous des copies- collées les uns des autres pour une uniformité au pas cadencé …
        Oui c’est dur et passionnant….
        J’imagine souvent le visage du Père qui aime tous ces enfants, chacun totalement et infiniment dans sa particularité et son mode de fonctionnement, quelle immensité d’Amour!!! On est un peu minable…à côté ( et je dis « peu « ….par délicatesse puisqu’ IL nous veut ses enfants, on ne peut pas être aussi bas n’est-ce pas ? ) …
        IL y a des tempêtes sur des paroisses, celles qui explosent et celles qui sont dans des têtes qui restent « sous contrôle » et passent …
        Avec les mobilités des prêtres, il nous faut aussi adopter régulièrement une personne avec d’autres habitudes et d’autres qualités…C’est une flexibilité compliquée dans un lieu d’affectivité…On s’attache à des personnes qui portent visage du Christ et voilà un autre visage qui Le continue et a autre chose à donner…
        C’est pour ça qu’il faut muscler l’âme comme le reste du corps, l’entraîner tous les jours en sport d’amour sur des détails…
        J’aime ce prêtre qui m’a secoué en confession et m’a dit: « Mettez de l’amour dans TOUT-(tous?) ce que vous faites, de la conduite en voiture au repassage, à ce voisin dans l’ascenseur, à cet enfant qui se réveille ou cette personne qui meurt »…
        Cela ne me quitte pas et j’ai du mal alors je lui dis « Vas-Y TOI quand je n’y arrive pas… »
        Et puis je supporte – parfois mal l’église en espérant qu’elle deviendra meilleure comme l’Église me supporte en espérant que je deviendrai meilleure…(c’est de Luther je crois)
        Et quand j’aurai du mal désormais Marie-Ange je me dirai quelque part pour vous aussi , Soleil de ce site , ça n’a pas été toujours simple…mais que vous êtes toujours là :-)
        C’est un peu comme en famille, c’est avec ses proches qu’on prend le plus le risque de souffrir parce qu’on est touché dans son âme mais c’est aussi là que c’est le plus fort…

        Oups ça devient un site qui papote (tchat ?)plus qu’un site de remarque ponctuelle… Je prends peut-être un peu trop d’espace ?

        Répondre
    • béa-titude

      Première communion de notre Solenne aujourd’hui, ! Notre quatrième va à la table recevoir Jésus …Une petite pensée pour ceux et celles cette année qui nous ont rejoint en communion…et pour ceux qui ne le peuvent pas ou en sont encore loin…

      Répondre
      • Marie-Ange

        J’arrive trop tard… je n’avais pas vu !
        Ma prière pour Solenne : que cette première des communions soit suivie de beaucoup d’autres, tout au long de sa vie.

        Répondre
        • béa-titude

          Merci Marie-Ange !!!!
          Ce n’est jamais trop tard ! Il est Celui est, qui était et qui vient, au-delà du temps et infiniment présent, alors sûre que votre prière portera lumière !!!
          Je transmets à la jeune intéressée…qui a répondu à notre Prêtre interrogeant les enfants sur  » Comment sais-tu que Dieu est dans ta vie ?  »
           » Ben, déjà quand IL me pardonne… »
          Je n’étais pas sur cette « dimension » mais pour ce petit bout de neuf ans qui vient de vivre avec un peu de stress sa première confession, c’était évident ….Bénis soit nos enfants…

          Répondre
  2. Marie-Ange

    Difficile de choisir… chacun de ces dessins peut se relier à un souvenir bon ou moins bon !!!!
    Enfin… la case qui me touche vraiment, c’est la 3 !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *